L’industrie du textile a connu une petite révolution avec le GORE-TEX, cette matière hautement respirante que l’on trouve aujourd’hui dans de nombreux vêtements et chaussures de sport. Les matières textiles révolutionnaires issues de la recherche ne manquent pas, mais il nous reste encore de belles découvertes parmi les matières naturelles.

Cet article se penche sur le cas de la fibre de lait. Cette matière douce et légère a retenu toute notre attention, et nous avons souhaité la travailler pour voir ce qu’il en était. D’une douceur et d’une souplesse étonnante, la fibre de lait présente un blanc cassé, plutôt chaud. Je n’ai pas essayé de la teindre, préférant ce blanc chaleureux que j’ai mélangé à de la fibre de soja naturelle, qui ressemble de teinte à de la soie muga.

Qu’en est-il de la fibre de lait ? La fibre de lait s’obtient à partir de la caséine du lait. Le lait contient de l’eau, des matières grasses, des matières minérales, des matières protéiques et des substances azotées. La caséine est l’une de ces matières protéiques. Elle s’obtient par coagulation du lait écrémé. Il n’existe pas une caséine, mais des caséines qui peuvent varier en fonction de l’alimentation des animaux. Cette protéine joue le rôle de liant, raison pour laquelle de nombreuses applications lui ont été connues dès la fin du XIXème siècle, comme la confection des formages, la préparation pour la photographie, soit pure, soit en mélange avec la gélatine, pour composer des colles ou des peintures, etc.

L’idée de l’utilisation de la caséine dans le textile est apparu avant 1900 avec les tentatives des filage de la gélatine. En  France, un brevet est déposée le 25 juillet 1905 pour le filage de la caséine. Mais les fils étaient cassants. Les progrès techniques permettent aujourd’hui de produire des textiles grâce à la fibre de lait qui possède des propriétés proches de celles de la laine ou de la soie.

Elle est utilisée au Japon pour le linge de lit des hôpitaux, de par son caractère anallergique et ses propriétés de conduction et de répartition de la chaleur. Mais les difficultés liées à la production en font une matière de haut de gamme.
Source :
  • Contribution à l’histoire industrielle des polymères en France par Jean-Marie Michel, Société chimique de France
  • Dossier pédagogique Textiles d’hier, d’aujourd’hui et de demain, CCSTI du Rhône – Université de Lyon, p.47

 


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