Le carton, qu’est-ce ?

Le carton de tapisserie est outil indispensable pour tisser. Il est le guide qui permet au lissier de réaliser ses formes. Il est issu d’une œuvre picturale initiale ou il est créé en tant que tel pour être tissé. Il se place sous la chaine lors du tissage. Le rôle d’interprète du lissier lui permet à la fois de suivre et de trahir le carton pour monter les formes qui donneront une œuvre harmonieuse.

Une évolution

L’histoire des cartons est longue, et l’histoire leur a confié une importance variée. L’importance de ce support varie en fonction de l’importance qui est donnée au peintre-cartonnier : interprète d’une œuvre picturale initiale, ou peintre de carton à part entière, le peintre-cartonnier sort de la lumière selon les époques.

Les cartons sont aujourd’hui tirés d’œuvres picturales, qu’il s’agisse de peinture, de photo ou de collage. Ils sont donc un intermédiaire entre l’œuvre première, la maquette, et la tapisserie. Il est un élément de intermédiaire, un support guide pour le lissier. D’ailleurs, entre le XVIIIème et le XIXème siècle, ils existaient en tant qu’outil, la tapisserie étant un produit de consommation à l’usage de l’aristocratie et de la bourgeoisie, il fallait pouvoir produire rapidement et facilement une tapisserie d’usage. Aujourd’hui, la tapisserie se caractérise par une œuvre monumentale unique.

Le carton a été une peinture à la gouache qui présente les caractéristiques de l’écriture tapisserie. Mais il peut être aussi un carton neutre, sans couleurs, qui contient un certain nombre de numéros correspondant aux couleurs. Cette méthode a été largement utilisée par Jean Lurçat.

Une choix graphique – le carton peint

Le carton est la production d’un peintre. Il est donc libre de choisir la technique graphique qui lui convient. L’impression numérotée est courante aujourd’hui pour des raisons de gain de temps. Cependant, le peintre est libre de proposer un carton peint. Dans le cas de l’œuvre de Régine Graille, elle est à l’origine de l’œuvre initiale et du carton. Dans les photos qui suivent, on peut observer le carton et le tissage qui en découle.

Les détails qui suivent montrent la traduction textile du carton. On peut voir quelques numéros sur le carton pour permettre au lissier de trouver la couleur dont il a besoin dans son chapelet.

Le carton peint est un véritable travail de peinture. Plus il est précis, plus il aide le lissier lors du tissage de l’œuvre. S’il était un outil sans grande valeur pécuniaire, il devient une œuvre à part entière depuis le XXème siècle.

Les images suivantes montrent le passage de la maquette (œuvre initiale) à la tapisserie.

Cité Internationale de la Tapisserie d’Aubusson


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