L’interprétation d’un dessin en tapisserie demande une réflexion pour comprendre l’intention de l’artiste dans son œuvre et pour pouvoir l’interpréter proprement en tapisserie, et donc en textile. Cette interprétation passe nécessairement par une interrogation sur le contenu de l’œuvre et sa portée. Nous avons vu dans l‘article précédent et une recherche de matières.  En effet les matières qui c’est ne sont qu’un moyen d’expression, elles servent à propos une idée à travers la couleur et leur façon de refléter de la lumière. dans le projet qui nous occupe il s’agit de réfléchir sur les matières qui peuvent rendre un aspect minéral de l’esquisse. En effet, on peut voir que le lettrage de l’artiste semble fait de pierre par les éclats existants en haut et sur les côtés comme on peut le voir sur la maquette présentée ci-dessous.

Esquisse pour graffiti, ZERT

J’ai effectué des recherches sur les pierres qui pouvaient être utilisées en support graphique pour orienter mon choix de matières. Je me suis arrêté sur le calcaire pour la blancheur de la matière et sa souplesse apparente et sur le granit pour les aspects gris ombragés. J’ai effectué des planches graphiques pour extraire les aspects les plus marquants de ces matériaux.

Mes choix de matières ont été suggéré à l’artiste et c’est en collaboration que nous avons travaillé.

Planche graphique : du matériau au dessin

Ça y est, je commence à comprendre les types de matières vers lesquels je peux m’orienter. Mais pour être sûre, il faut que je teste ces matières en tissage pour voir si le rendu tissé, qui est toujours différent du rendu sur bobine, correspond bien à ce que j’imagine de la tapisserie finale.

Comme on peut le voir sur les images ci-dessus, le fait de tisser les matières par échantillon est un moment important car il permet de confronter ces matières les unes aux autres pour voir si elles fonctionnent bien ensemble, c’est à dire, de voir si les contrastes sont les bons, si les matières sont les bonnes, etc.

… et là, tout à l’air de bien marcher.

Le carton

On ne le répétera jamais assez, le carton est un élément indispensable de la tapisserie quel que soit la taille de l’ouvrage. Ici, la tapisserie est censée faire 2m de large. Je fais un échantillon de 41 cm de large pour avoir une idée prise de ce à quoi l’ensemble ressemblera à la fin.

Mais avant tout, il me faut faire mon carton, car c’est lui qui va me guider pendant tout mon tissage. Il a les informations concernant les matières, les formes et les passages de couleur s’il y en a.

Carton pour le tissage de l’échantillon

Puisque la tapisserie d’Aubusson se tisse sur l’envers, le carton est bien-sûr inversé.

Le tissage

Avant de commencer à tisser, il convient de réaliser son carton et son chapelet, afin de numéroter les couleurs et de savoir ce que l’on va utiliser.

Chapelet

Le chapelet est appelé ainsi car il comporte les couleurs du tissage mises bout à bout. Le lissier les égraine littéralement pour se reporter constamment entre le carton où les numéros de chaque couleur est reporté.

Pour ce travail, mon chapelet est court car il ne comporte que quelques couleurs. Mais certaines tapisseries ont des chapelets de plusieurs centaines de couleurs !


Les images ci-dessous montrent les étapes du tissage ainsi que l’échantillon terminé.


This is the End

Voici enfin l’échantillon de la tapisserie intégré à l’esquisse. Ce travail de photo-montage permet d’imaginer à quoi ressemblerait la tapisserie dans son intégralité.

Le tissage de l’intégralité de cette tapisserie dans une dimension 1m x 2m est estimé environ à 10 500€. Si vous souhaitez commander ce tissage, n’hésitez pas à me contacter.



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